Les professionnels de la Lingerie se sont donnés rendez-vous, ces 2 derniers mois, à 4 salons immanquables: le Salon International de la Lingerie à Paris, Curve Las Vegas, Curve New York et The Lingerie Selection à New York.

Pendant les 15 années passées dans cette industrie, mon expérience de ces salons était « de l’intérieur », en tant qu’exposant. J’avais alors pour mission d’apporter mon soutien aux équipes commerciales, de rencontrer un maximum de prospects et de les convaincre de passer commande immédiatement, afin de ne pas voir leur budget d’achat partir à la concurrence. Un véritable marathon des ventes!

Cette année, cependant, ce fut une expérience totalement différente. Je me suis présentée aux salons comme visiteur et accompagnée de mon associée Emilie, qui assistait pour la première fois à un évènement professionnel dédié à cette industrie. J’ai enfin pu prendre le temps de visiter les différents stands, de regarder dans le détail l’offre produits des marques présentes, d’échanger avec les créateurs et les commerciaux que je connaissais et surtout de découvrir les nouveaux venus.

Emilie et moi-même avons abouti à la même conclusion au terme de ces 2 mois de salons: où est l’innovation?

L’industrie de la Lingerie utilise certes un grand nombre de matières innovantes et là n’est pas la question. Ma réflexion repose sur le fait que le soutien-gorge est une pièce d’habillement fonctionnelle et hautement technique qui invite à innover. Réussir à soutenir la poitrine à l’aide de matières délicates nécessite une connaissance approfondie en physique, ingénierie, physiologie et en étude du mouvement.

J’ai toujours été convaincue qu’il devrait y avoir sur le marché une alternative aux armatures en métal, aux attaches et bretelles telles que que nous les connaissons aujourd’hui. Je me remémore le nombre incalculable de discussions avec mon père à ce sujet, au cours de ces 15 dernières années. Il concluait toujours notre échange par « Ton entreprise devrait embaucher des ingénieurs en aéronautique: leur travail au quotidien est de défier la gravité. »

D’un point de vue personnel, j’adorerais ne pas avoir à porter de soutien-gorge et que ma poitrine soit maintenue, d’une façon ou d’une autre, directement par mes vêtements. Les soutiens-gorge pourraient alors devenir de vrais accessoires de mode et se libérer des contraintes imposées par leur fonctionnalité.

Quelle marque osera sauter le pas la première?

Tiffany Berrier